Victoria Nuland l’avait confirmé, de manière méprisante avec son fameux « Fuck the EU » lors d’une conversation téléphonique avec l’ambassadeur américain en Ukraine. Les , Barroso et tous les larbins qui dirigent l’Europe avaient stoïquement essuyé le crachat qu’ils venaient de recevoir en pleine figure et avaient continué à japper comme si de rien n’était. Pour eux, un crachat qui vient d’outre-Atlantique n’est pas vraiment un crachat. Tout juste un postillon malencontreux. Chargée de l’Europe au sein du Département d’Etat, elle connait son monde et sait qu’elle peut se le permettre, elle, la petite sous-secrétaire. Aujourd’hui elle enfonce encore le clou. Cette fois son courroux est dirigé contre la  qui a eu le malheur de réaliser un de ses rares contrats conséquents avec la , au temps où le projet étatsunien concernant Moscou (Barbarossa 2 ?) n’était pas encore mûr.
Les deux Mistral vendus à la Russie reviennent sur le tapis et empêchent la petite secrétaire adjoint de dormir, et elle ne dormira pas jusqu’à ce que la France en annule la vente. Les conséquences qui découleront de la rupture unilatérale du contrat ne sont pas son problème. Sa déclaration à la commission des Affaires étrangères de la  a donné le la pour les autres élus américains tels le démocrate Eliot Engel ou le républicain Adam Kinzinger.
En France, nous attendrons encore longtemps pour entendre une voix officielle réagir. Quelques protestations timides sur le mode excuses accentuent encore plus le pathétique. Laurent  sera à Washington les 12 et 13 mai, certainement pour recevoir sa feuille de route concernant la Russie, et également pour évoquer le douloureux problème des Mistral qui donnent des insomnies à Mme Nuland. On peut tabler sur l’amplification de la campagne contre la France d’ici son arrivée à Washington. Il sera attendu de pied ferme et n’aura pas beaucoup de choix. Si la pression sur la France est trop forte, il ne pourra que négocier des compensations qui rendront la pilule de la rupture de contrat moins amère pour le  français. Il est possible également qu’il soit permis à la France de conserver son contrat contre des engagements fermes contre la Russie sur d’autres aspects de la crise. Dans tous les cas, le Département d’Etat ne lâchera pas si facilement le morceau et utilisera ce fameux contrat de toutes les façons possibles.
Si on savait que personne ne pouvait plus jamais être élu dans le monde dit libre sans l’aval des Etats-Unis, on sait maintenant qu’il n’y aura plus de contrats d’envergure sans le blanc-seing de Washington. Autant dire qu’il ne restera plus que les miettes pour les pays vassaux, les grandes firmes américaines se servant d’abord et s’accaparant les contrats les plus juteux.